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HOMMES CELEBRES: St. Anselme
Biographie

Saint Anselme

“Dieu Tout-puissant. Père miséricordieux et bon Seigneur, aie pitié de moi pauvre pécheur. Pardonne-moi mes péchés, Accorde-moi d’être toujours vigilant, de ne point céder aux tentations et à tout plaisir insidieux et malsain ; d’éviter totalement, en pensée comme dans les faits ce que Tu défends, et d’accomplir fidèlement ce que Tu exiges. Fais-moi croire, espérer, aimer, vivre ce que Tu sais et ce que Tu veux. Donne-moi la componction de bonté et d’humilité, la juste abstinence et la mortification du corps pour que je puisse T’aimer, prier, Te louer et méditer”

C’est ainsi que Saint-Anselme aimait s’adresser au Dieu auquel il avait voué sa vie, conscient de ses limites et de ses péchés, et désireux d’accomplir sa volonté, tout au long de son pèlerinage existentiel. Au fond, la vie de ce saint n’a pas été autre chose qu’un long et fascinant voyage sur les routes de l’Europe d’il y a mille ans, entrepris pour découvrir et redécouvrir continuellement ce Dieu qu’il avait rencontré, qu’il aimait et dont il désirait transmettre l’amour à quiconque l’approchait, notamment aux élèves - adolescents, aux moines aspirants ainsi qu’aux savants et aux gens simples de l’époque. Le voyage d’Anselme commence à Aoste, en 1033. Ses parents, Gondulphe et Ermenberge, possédaient une maison en ville où naquit vraisemblablement Anselme. Nous connaissons d’eux seulement ce que rapporte Eadmer, le biographe d’Anselme. Son enfance, nous dit Eadmer, témoigne de la volonté de nouer, avec son Dieu, un lien profond qui préconise l’homme de foi qu’il deviendra. Il n’est point exclu qu’Anselme ait demandé au prieur du monastère Saint Bénin, construit depuis peu à Aoste, de l’accueillir parmi les moines et que celui-ci n’y ait pas consenti, influencé par Gondulphe qui était résolu à nier la vocation religieuse de son fils. Anselme ne s’avoue pas vaincu et, au moment de la mort prématurée de sa mère, il décide de quitter sa ville natale et d’entamer un voyage dont l’objectif sera, outre que celui de suivre sa vocation en recherchant son Dieu, celui de cultiver son intellect et d’embrasser la vie religieuse. Il se rend tout d’abord en Bourgogne, puis dans le Royaume des Francs. Dans les monastères qu’il fréquente, il entend parler de Lanfranc, homme érudit et célèbre, qui deviendra très vite son maître à penser. Anselme décide de le rejoindre au Bec, en Normandie. Il y arrive en 1059 et se remet entièrement à lui. Notre pélérin avait enfin rencontré celui qui l’aidera à trouver la voie à suivre dans sa vie intellectuelle et religieuse. Anselme, en tant que croyant et moine, continue à apprendre et à enseigner dans ce lieu, le monastère, où la formation intellectuelle, celle du moine, de l’enseignant et de l’éducateur convergent en parfaite harmonie. Au Bec, il entreprend une recherche qui durera toute sa vie et qui est synthétisée par l’expression « fides quaerens intellectum ». En 1060, Anselme devient moine et, peu après, prêtre. En 1063, Lanfranc est nommé abbé de Saint-Etienne à Caen et, de ce fait, leurs routes se séparent. Anselme lui succède comme prieur du Bec. Vivant en contemplatif, il écrit six ouvrages : De veritate, De libertate arbitrii, De casu diaboli, De grammatico, Monologon, Proslogion. Pendant toute sa vie, Anselme vouera un amour profond au silence et à la solitude. Même quand, devenu archevêque, il ne pourra plus se réfugier dans le cloître, il continuera à vivre comme un moine. Anselme entretient aussi une dense correspondance qui non seulement fait état de sa vaste culture ainsi que de sa sagesse, mais qui nous montre sa nature de moine, désireux de faire connaître ce Dieu qu’il a rencontré et qui est devenu son unique raison de vivre : le style devient alors chaud et passionné, différent de la logique et de la rationalité de ses traités. Ses nombreuses oraisons et méditations ne veulent pas expliquer des vérités de foi et de raison mais, tout en les exprimant, elles invitent le lecteur à faire « un pas en avant » - c’est-à-dire : adhérer avec le coeur, la volonté et l’intelligence à ce que la raison a démontré. En 1078, à la mort de l’abbé Herluin, Anselme est nommé abbé du Bec. Il se révèle alors être un éducateur efficace : il privilégie la formation et l’instruction des moines et revêt une attitude pleine d’attentions et de bienveillance paternelle. En 1092 il part pour l’Angleterre. Le roi Guillaume le Roux est très frappé par Anselme et décide de le nommer archevêque de Canterbury. Anselme n’accepte pas tout de suite, mais seulement après une période de réflexion pendant laquelle il comprend que c’est là la volonté du Seigneur, à laquelle il ne veut pas se soustraire par crainte de commettre un péché. Il est consacré le 4 décembre 1093 par l’archevêque de York et par tout l’épiscopat anglais ; mais les problèmes avec le roi au sujet de la question des investitures et de la liberté de l ‘Eglise d’Angleterre, encore dépendante du souverain, surgissent immédiatement. En 1097, Anselme se rend auprès du pape Urbain II pour lui rendre compte de la situation de l’Eglise anglicane et obtenir son aide. Le Pape l’invite au Concile de Bari, en 1098. Là, tous les évêques constateront de visu la bonté d’Anselme : il récuse le verdict concernant l’excommunication de son roi, voulant « échanger le bien contre le mal ». Aucune décision n’est prise et Anselme est contraint de s’exiler chez son amis Hugues, archevêque de Lyon. Au cours de cette période, il achève son traité Cur Deus homo. En 1100, Pascal II monte sur le trône pontifical et Anselme sollicite à nouveau l’aide du Pape. La même année, le roi Guillaume le Roux meurt mais les rapports avec le nouveau souverain, Henri, au sujet de la question des investitures, demeureront également tendus. Anselme est contraint à nouveau à l’exile, chez son ami Hugues de Lyon. La controverse se poursuivra pendant quelques temps, jusqu’à ce que, après avoir rédigé différents accords, le roi et l’archevêque parviennent, en août 1107, à une solution définitive qui astreint le souverain à renoncer aux investitures ecclésiastiques. Le problème qui avait tourmenté son épiscopat résolu, une nouvelle perspective semble s’ouvrir pour Anselme : il pourra désormais jouer pleinement ce rôle de pasteur, de guide spirituel et moral, auquel il avait toujour aspiré. Ce qui frappe chez Anselme c’est le fait que le croyant qui cherche Dieu par l’esprit et la contemplation, le savant, le philosophe, le théologien, l’enseignant d’école supérieure et le moine qui guide la communauté religieuse, représentent différentes expressions d’une personnalité qui demeure harmonieusement unitaire. C’est bien ce trait fondamental de son individualité qui nous permet de comprendre pourquoi la recherche théologique a été si profonde et originale, et aussi pourquoi l’enseignement a été vécu comme un devoir non collatéral avec le fait d’être moine. Dans l’enseignement, il conserve la meilleure tradition de l’école monastique qui lui est contemporaine, mais il y introduit un élément tout à fait nouveau : l’analise rationnelle de la foi (au début de la recherche, il insiste toujours sur d’argumentations logiques - « l’évidence de la vérité qui se manifeste clairement »- plutôt que sur l’autorité de l’Ecriture). Ses differentes activités témoignent aussi d’un autre équilibre : devenu professeur, il ne cesse pas d’être moine et éducateur. Parmi les problèmes éducatifs sur lesquels il se pencha, celui de l’interprétation de la discipline n’était pas le moindre : Anselme confie à des moines adultes des groupes d’élèves en leur demandant d’en respecter le parcours, sans les vexer par des méthodes brutales et autoritaires : « Vous ne cessez de les battre ? Et quand ils deviennent grands, comment sont-ils ? Tout à fait hébétés... » Et, peu après : « Pourquoi montrer aux enfants tant d’hostilité ? Ne sont-ils pas des hommes ? Voudriez-vous qu’on vous fît ce que vous leur faites ? ». Cet appel à la modération, à la douceur, à la discrétion est une constante de son approche à l’éducation. Anselme d’Aoste meurt le 21 avril 1109 à XXX. En 1163, Thomas Becket, archevêque de Canterbury, demande au pape Alexandre III sa canonisation. En 1690, son nom est inséré dans le catalogue des saints et, en 1720, il est proclamé docteur de l’Eglise par Clément XI. La communauté religieuse valdôtaine a voulu mettre sous sa protection les paroisses de Challand-Saint-Anselme et de Saint-Anselme, dans le quartier « Dora » d’Aoste. Mgr Duc donna son nom au Petit Séminaire d’Aoste.

   
 
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