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HOMMES CELEBRES: abbé Joseph-Marie Trèves
Biographie
Joseph Marie Trèves
31 août 1874 – 21 juin 1941

Dieu, les âmes, le pays! (Abbé Trèves)
Voilà en trois mots résumée la personne de Joseph-Marie Trèves, l’homme qui grâce à son oeuvre fut le guide de plusieurs Valdôtains, pendant l’époque plus sombre de notre histoire : la période fasciste. Trèves naît le 31 août 1874 dans un petit village de la commune d’Emarèse. Pendant sa jeunesse il connaît la pauvreté et la fatigue des chevriers de son village, jusqu’au moment où il entre, à 18 ans, au séminaire d’Aoste. Orphelin, il termine ses études à vingt-six ans avec huit cents francs de dettes. Il célèbre en 1900 sa première messe au Refuge des Pauvres à Aoste ; c’est là qu’on peut déjà entrevoir son programme de vie. Tout au long de son parcours, en effet, il choisira toujours les charges les plus humbles, indifférent aux honneurs que la carrière ecclésiastique aurait pu lui réserver. « Je suis né pauvre, je vis pauvre, je veux mourir pauvre », voilà sa devise.
Il vit dans un petit village de Excenex éloigné des centres principaux, des magasins et de la grand-route. Là, il se dédie entièrement aux personnes plus faibles, notamment aux enfants et à leur éducation et en ce sens il lutte aussi pour le maintien des écoles de hameau. En effet la vie de l’abbé Trèves était une bataille sans cesse. Il écrit : « La grande joie de la vie tout comme son premier devoir n’est vraiment pas de se plaindre et gémir. Elle est au contraire dans la volonté ferme et tenace de faire et d’agir, de semer et de planter, de construire et de fonder avec foi et amour ; de réaliser en un mot la divine parole de St. Paul : Faire La Vérité Dans La Charité ! ... Courage ! Et haut le cœur ! En tout, partout et toujours : confiance en Dieu ! » Considérablement affaiblit et usé par les intenses activités de propagande – les longs déplacements à pied, les heures du jour et de la nuit passées à écrire et à étudier – pas moins que par son alimentation insuffisante, il se réduit à passer les derniers jours de sa vie presque immobilisé.
Le 21 juin 1941 l’abbé meurt dans sa maison ; un témoignage affirme qu au moment du décès, de sa soutane tombèrent deux cents francs qui servirent à payer les dernières dettes.
J.M. Trèves a été engagé dans presque tous les domaines concernant la vie de notre Pays : associations du clergé, ligue valdotaine antialcoolique, institution de caisses rurales, etc., mais en particulier dans les initiatives en faveur de la langue française. Membre de l’ Académie Saint-Anselme et de la Ligue Valdotaine il écrit nombreux opuscules et articles de défense du français, menacé par le régime fasciste. En 1922 il est promoteur de « Nous Valdôtains nous voulons le français ! », un opuscule pour expliquer au peuple les « raisons d’employer le français ». Prête pour l’impression de la part de la Ligue, la brochure ne verra le jour, remaniée, que 50 ans après la mort de Trèves, qui, probablement, en aurait désavoué une partie de son contenu, notamment la thèse du bilinguisme.
Il s’intéresse au maintien des écoles d’hameau en Vallée d’Aoste avec de nombreux écrits, en particulier avec « Une injustice qui crie vengeance ! » paru en 1923 dans le bulletin de la Ligue et sur le journal local Le Duché. Avec les jacquemistes il participe à la création du Messager Valdôtain et plus tard à la revue Augusta Praetoria . Il collabore avec plusieurs journaux à travers des brochures et des recherches historiques. A’ tout cela il faut ajouter sa vaste correspondance qui est une source inépuisable d’idées, de propositions, de combats.
Selon Trèves le passé, le respect des traditions et la correcte connaissance des faits représentent le vrai lien entre le présent et le futur ; le progrès n’est possible qu’en s’appuyant solidement aux traditions et aux institutions de nos ancêtres ; c’est pour ça qu’il incite ses confrères à écrire les monographies paroissiales.

Le prêtre traditionaliste, l’écrivain exubérant, l’ouvrier des oeuvres sociales se double d’un propagandiste fervent et inlassable en faveur de Dieu et du Pays. Il l’appelle lui-même « Pro aris et focis », cette lutte n’a de chance d’aboutir qu’en préparant les jeunes spirituellement, culturellement et politiquement. Ainsi Trèves qui avait appuyé déjà le Groupe Valdôtain d’Action Régionaliste de 1923, se retrouve à la tête de la Jeune Vallée d’Aoste, mouvement local au-delà des partis nationaux, fondé le 22 mars 1925, dont Trèves est la cheville ouvrière et l’animateur. Son programme est clair : obtenir la reconnaissance des droits régionaux, s’insurger contre toute violence à leur égard, maintenir l’usage du français, constituer une région linguistiquement et administrativement autonome. Plusieurs actions sont conduites, y compris la publication en 1932, du chansonnier Valdôtains Chantons ! , contenant la chanson La Clica Dzeusta (c’est une critique indirecte, mais forte, de la politique fasciste, qui avait privilégié les immigrés pour les emplois, surtout dans l’administration). Mais les temps n’étaient pas favorables et l’association dut oeuvrer dans la clandestinité.

Trèves a guidé les Valdôtains vers l’indépendance, l’autonomie et le fédéralisme, en luttant contre une logique folle et un système oppressif et dictatorial. Fidèle au rôle des prophètes bibliques, à la fois conservateur et progressiste, il s’engagea avec acharnement pour conserver pour son peuple le bon, le juste et le droit acquis dans le passé. Il employa toutes ses forces, son intelligence et sa foi pour repousser, révolutionner le système social et politique qui cherchait à anéantir les hommes et les nations. Il a opposé la force de la raison des Valdôtains à la raison de la force des violents.

   
 
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