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HOMMES CELEBRES: Laurent Cerise
Biographie

Laurent Cerise
1807 - 1869

Issu d’une famille originaire d’Allein, fils d’Antoine-Sulpice, notaire et maire de la ville sous le régime français, et de Philiberte Martinet, de la Thuile, Laurent-Alexis-Philibert Cerise naquit à Aoste le 20 février 1807. Il fit ses premières études au Collège Saint-Bénin d’Aoste et il fréquenta ensuite l’Université de Turin où, le 5 février 1828, il présenta sa thèse de docteur en médecine, à l’âge de 21 ans. Il s’établit à Paris en 1831, où Wilhelmine Senff de Pilsach, veuve de son oncle Guillaume-Michel Cerise, général et baron de l’Empire, l’accueillit comme son propre fils. C’est en 1834 que le jeune docteur obtint l’autorisation d’exercer sa profession médicale et put ainsi fréquenter assidûment l’Ecole de Médecine, les bibliothèques mais aussi les hôpitaux. Son esprit scientifique s’affirma peu à peu grâce à son amour pour la connaissance , la profondeur de sa pensée allant de la philosophie jusqu’à la pratique médicale. La profession de médecin ainsi que ses aptitudes pour les sciences en général, le projetèrent vers les thématiques les plus ardues et élevées de la pensée, introduisant le concept de l’étroite relation existante entre l’esprit et l’organisme humain. Selon Cerise, la connaissance de la physio-pathologie devait aller de pair avec la psychologie, ce qui remettait en question les fondements de la très renommée Ecole médicale parisienne qui, à cette époque, était encore basée sur la médecine organiciste de Bichat. Laurent cerise écrivit ses premiers articles sur la revue L’européen. Ces premiers articles, à contenu philosophique et social, lui valurent l’attention de la société savante parisienne. Dans son livre Le médecin des salles d’asile, édité en 1836, Cerise manifesta aussi son aptitude humanitaire : les déshérités, l’enfance abandonnée, ne lui paraissaient pas avoir moins droit aux conseils du médecin éclairé que les riches et les puissants. La même année il publia aussi l’Exposé et examen critique du système phrénologique de Gall où il met en évidence les limites de la conception purement matérialiste de la médecine qui « nie l’unité et l’activité spirituelle de l’homme ». En 1840, son ouvrage, traitant : Des fonctions et des maladies nerveuses dans leur rapport avec l’éducation sociale et privée, morale et physique, obtint le prestigieux prix Civrieux, remis par l’Académie royale de médecine de Paris. Dans le sillon des études de « médecine psychologique », Cerise étudia aussi d’un point de vue scientifique, les rapports existant dans l’ancienne philosophie des Hindous et des Grecs, entre le monde et l’homme, entre la cosmologie et l’anthropologie. Grâce aux titres qu’il gagna comme clinicien, Cerise se créa une vaste clientèle qui comprenait les riches aussi bien que les pauvres, les têtes couronnées et les déshérités : il ne refusait personne ; il « attirait » les malades par ses mots de réconfort et par le pouvoir, pour ainsi dire « magnétique », qui émanait de sa personnalité. En 1838, à l’époque où Paris était un centre rayonnant pour les sciences, les lettres et les arts, L. Cerise fonda la Société Médico-Psychologique, et, ensuite, en 1843, avec ses amis Baillarger et Longet, les célèbres (encore de nos temps) Annales Médico-Psycologiques, en y écrivant l’avant-propos du premier numéro. Il publia aussi d’ importants articles dans le Journal des débats et dans d’autres revues. En 1846, il collabora à la fondation de l’Université Médicale. Les éditeurs s’adressèrent à lui pour enrichir de sa vision holistique les rééditions des oeuvres telles que : Recherches physiologiques, de Bichat ; Système physique et moral de la femme, de Roussel ; Rapports du physique et du moral, de Cabanis. Son amitié avec P.-J.B. Buchez, chef de l’école sociale néo-catholique, président de l’Assemblée Nationale Constituante en 1848, médecin lui aussi, philosophe, penseur profond, devint une alliance spirituelle qui s’alimentait d’une influence réciproque. Buchez et Cerise partageaient l’idée d’un progrès conçu comme une loi divine, universelle et continue qu’on devait appliquer dans la société. L’action politique ne lui était pas du tout étrangère : dès les premières années de son séjour à Paris, Cerise fit connaissance et entretint des rapports étroits avec les principaux protagonistes voués à la cause du Risorgimento italien : Botta, Matteucci, Gioberti, Tommaseo, Cavour, Mazzini, Nigra, Bixio, Cibrario. Philanthrope reconnu pour les nombreux services qu’il sut rendre, il fut président de la Société Italienne de Bienfaisance, appelée à aider les émigrés italiens en détresse et à en soulager les inévitables dégâts causés par déracinement culturel subi. Il n’a jamais oublié la Vallée d’Aoste vers laquelle sa pensée s’élevait avec un sentiment filial, comme dans la poésie A mon pays : « ...ces montagnes auxquelles je rêve toujours ! ». En 1862, L. Cerise témoigna de son attachement au pays natal par une lettre au ministre de l’Instruction Publique, son vieil ami Matteucci, en faveur de l’enseignement de la langue française en Vallée d’Aoste, abolie par un arrêté gouvernemental : l’issue de cette affaire fut positive. Au cours de sa laborieuse carrière, Cerise fut investi de hautes fonctions académiques, dont voici quelques-unes : élu à l’Accademia delle Scienze de Turin en 1853, membre de l’Académie de Saint-Anselme d’Aoste en 1856, membre de l’Académie de Médecine de Paris en 1864. A l’époque où le traitement de la vésanie reposait sur l’empirisme pratique et le chaos théorique, la méthode d’observation psycho-physiologique du docteur Cerise fit avancer à grands pas la doctrine naissante de la psychiatrie. Suivant son intuition, cet homme à l’avant-garde a donc tracé un nouveau chemin, s’inspirant du christianisme évangélique, sans toutefois confondre les aspects scientifiques avec ceux religieux. Il a été un catholique laïque et un homme de sciences parmi les plus éminents de son temps ; ses études ont construit un patrimoine de savoir qui appartient désormais à la science universelle et ses observations constituent, encore de nos jours, un point de repère pour les « neurosciences » modernes.

   
 
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