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PRESENTATION HISTORIQUE
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ad probationem dicitur ducatum istum non esse citra neque
ultra montes sed intra montes et hoc manifeste loci natura suadet
et convinci. Neque vero montibus ac nomine dumtaxat Augustenses
a Cisalpinis seu Cismontanis distinguuntur, sed et lingua, moribus
ac institutis. Lingua siquidem utuntur galica aut sabaudica
.
[
l'on affirme en soutien que ce Duché (d'Aoste)
n'est ni en deçà, ni au-delà des monts, mais
dans les monts, persuasion et conviction reposant sur la nature
même des lieux. Et en vérité non seulement à
cause des montagnes et du nom les Valdôtains se distinguent
des Cisalpins ou Cismontains, mais aussi par la langue, les coutumes
et les traditions. Et en effet la langue dont ils se servent est
la langue française ou savoisienne....].
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Albert Bailly, Evêque
d'Aoste - 12/12/1661
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Nos ancêtres les Salasses
Habitée depuis l'Age néolithique par des populations
pré-indo-européennes, la Vallée d'Aoste connaît,
entre le VIIIe et le IVe siècle avant Jésus-Christ,
une migration de peuples celtes, les Gaulois, provenant du Nord de
l'Europe. Plutôt que de domination ( les nouveaux arrivés
n'étaient pas assez nombreux pour exercer un contrôle
basé sur la force) il s'agit d'une fusion, d'une sorte d'osmose
entre les deux éléments. Relativement peu nombreux,
les nouveaux arrivés étaient en effet porteurs d'un
savoir nouveau : une technologie supérieure et une organisation
sociale avancée se substituèrent progressivement aux
modèles précédents et donnèrent au nouveau
peuple, né de cette fusion, les traits dominants (langue, religion,
structure sociale) de la civilisation Gauloise. Les romains appelèrent
ce peuple " les Salasses ".
La domination romaine
Après la victoire définitive de Rome sur Carthage qui
assura à la première le contrôle du bassin méditerranéen
(146 avant J.-C.) l'Empire, en pleine expansion, dirigea ses attentions
vers le nord. Le premier contact entre Salasses et Romains se produisit
en 143 : les Salasses emportèrent la victoire et causèrent
des lourdes pertes aux ennemis. Trois ans seulement après,
le commandant romain Appius Claudius prit sa revanche et massacra
5000 Salasses. Malgré le succès militaire, les Romains
n'arrivent pas à soumettre le peuple Salasse qui, pendant plus
d'un siècle, continue à tenir en échec l'armée
romaine et à contrôler le passage du trafic commercial
à travers les cols en exigeant des péages de la part
des marchands et même des troupes romaines qui y transitaient
!
Un nouvel assaut, porté dans les années 35-34 av. J.-C.,
quand désormais toute la Gaule Cisalpine et Transalpine est
soumise, ne connut guère des meilleurs résultats. C'est
seulement en 25 av. J.-C. que le peuple Salasse est définitivement
vaincu et Rome s'assure le contrôle de la Vallée d'Aoste.
Après la défaite des milliers de Salasses sont vendus
comme esclaves au marché d'Eporedia, d'autres sont enrôlés
de force dans les milices des vainqueurs et envoyés ailleurs
pour combattre d'autres peuples " ennemis " ; leurs meilleurs
terrains sont confisqués et donnés aux 3000 vétérans
romains envoyés pour peupler la nouvelle ville de Augusta Praetoria
(Aoste) qui vient d'être fondée, et romaniser ainsi cette
contrée. De nos jours on appellerait cette opération
: " nettoyage ethnique ".
L'effondrement de l'Empire
Pendant tout le Ve siècle après J.-C. l'Europe voit
déferler sur son territoire des vagues de peuples germaniques
en mouvement, qui viennent s'installer à l'intérieur
des confins de l'Empire; un Empire déjà très
affaibli qui ne survivra pas à l'action déstabilisante
de ceux-ci.
En 476 le Roi germain Odoacre détrône l'empereur Romulus
Augustus qui n'aura plus de successeurs. De l'effondrement de l'Empire
Romain d'Occident, et du conséquent nouveau mélange
de gens et de cultures différentes, des nouveaux peuples vont
se former. La Vallée d'Aoste passe sous l'influence avant,
et la domination directe ensuite, des Burgondes. Après une
parenthèse de 500 ans l'ancien pays des Salasses s'oriente
donc à nouveau vers les terres des Gaules dont il partagera
les sorts et l'évolution culturelle et linguistique, jusqu'en
1860. |
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