Esprit Valdôtain >> Nos origines
...voir clair, vouloir vivre
Association pour la valorisation de l'identité valdôtaine ...voir clair, vouloir vivre
 
qui sommes-nous?
NOTRE PAYS
Géographie
  Présentation historique
Histoire linguistique
  A propos de nos langues:

Français

Patois

  Hommes célèbres
  La Vallée d'Aoste en images
  Revue de presse
PRESENTATION HISTORIQUE

La Vallée d'Aoste et la maison de Savoie
Particulièrement faible, le troisième Royaume de Bourgogne ne survit pas à la mort de son Roi Rodolphe III, survenue en 1032. Son territoire, qui comprend tous les principaux cols des Alpes occidentales est désormais partagé entre divers seigneurs : parmi eux les plus entreprenants sont sans doute les comtes de Savoie, qui s'intéresseront de plus en plus à notre Vallée et joueront un rôle déterminant dans son avenir jusqu'à l'issue de la deuxième guerre mondiale. Si on devait définir par un concept la politique menée par la maison de Savoie au fil des siècles, et non seulement à l'égard de la Vallée d'Aoste, celui-ci serait sans doute l'opportunisme. La fortune de la maison de Savoie a toujours résidé en cette habileté d'exploiter les moments de crise ou de vide de pouvoir pour augmenter son influence.

La Charte des Franchises
A la fin du XIIe siècle la ville d'Aoste connaît une période de violence et d'anarchie ; les nombreux seigneurs installés dans la ville essaient par tous les moyens d'élargir leur pouvoir et d'imposer leur autorité. Cette situation finit même pour entraver le développement économique du pays. C'est pourquoi les habitants d'Aoste, évêque et clergé en tête, s'accordent avec le comte de Savoie pour protéger leurs intérêts et leur tranquillité. Cet accord est garanti par la Charte des Franchises que le comte Thomas Ier accorde aux habitants d'Aoste et ses faubourgs vers l'an 1191. Les historiens font généralement remonter à cet acte les origines de l'autonomie institutionnelle valdôtaine. Par cet acte, qui sera ensuite élargi à toute la vallée d'Aoste, le comte s'assure la fidélité de la population et augmente son influence en s'engageant, de son coté, à ne pas exiger ses tributs sans l'autorisation des autorités locales. Il s'agit là, selon Lin Colliard, d'un véritable pacte bilatéral entre le comte et son peuple.

L' " Etat Valdôtain "

Dans la première moitié du XVIe siècle une guerre pour le contrôle du duché de Milan éclate entre les deux puissances qui dominent l'Europe en ce moment : la France et l'Espagne. En janvier 1536 les troupes du Roi de France François Ier envahissent le duché de Savoie. La Savoie, Nice et le Piémont sont occupés par les Français ; le Pays de Vaud et le Chablais par les Bernois, qui imposent le protestantisme. Calvin s'installe à Genève, qui proclame son indépendance et devient la " Rome protestante ". L'Etat savoyard n'existe plus et la Vallée d'Aoste, seule terre savoyarde non occupée, devient en fait indépendante. Les Valdôtains se trouvent ainsi libres de choisir entre catholicisme et protestantisme, entre la fidélité au duc de Savoie en fuite et la formation d'un Etat semblable aux cantons suisses. L'assemblée générale des Trois Etats, réunie le 29 février 1536 à Aoste sous la présidence du bailli Mathieu Lostan, décide le maintien de la religion catholique et le respect du pacte de fidélité stipulé entre Valdôtains et maison de Savoie avec la Charte des Franchises (une décision lourde de conséquences sur l'avenir de la Vallée d'Aoste). Quelques jours près est nommé le Conseil des Commis, chargé de " donner ordre aux afferez ". Il s'agit là d'un véritable gouvernement d'Etat indépendant qui signe des traités de neutralité avec les Rois de France, organise une armée et établit à Aoste un Hôtel des Monnaies où on frappe, à partir du 1549, des pièces à l'effigie du duc de Savoie.

Le particularisme valdôtain
Quand Emmanuel-Philibert, suite au traité de Cateau-Cambrésis, récupère les domaines de son père, il entame un procès de réorganisation radicale de son duché: il abroge toutes les libertés médiévales et applique à tous les domaines la même loi ; il crée des provinces confiées à des intendants (qui remplacent les baillis) et déplace la capitale de Chambéry à Turin. Il fait cependant une exception pour la Vallée d'Aoste qui a gardé sa fidélité à la dynastie pendant les années difficiles. Il confirme les franchises, reconnaît le Conseil des Commis et ses compétences, conserve le bailliage et le système fiscal fondé sur le donatif. Il renonce aussi à soumettre la Vallée d'Aoste à la loi commune et confirme la validité des coutumes locales qui seront par la suite recueillies dans un code de plus de 2400 articles : le " Coutumier du duché d'Aoste ", publié en 1588. A l'intérieur de l'état savoyard, la vallée d'Aoste conserve ainsi son statut de province séparée.

Le déclin des institutions valdôtaines
Pendant tout le XVIIe et XVIIIe siècles en Vallée d'Aoste, comme d'ailleurs dans toute l'Europe, on assiste au progressif renforcement du pouvoir central de l'Etat ; le système fiscal se perfectionne et s'alourdit, la bureaucratie exerce son rôle pour le compte d'un pouvoir politique de plus en plus centraliste et hostile à tout particularisme, vu comme un obstacle au pouvoir absolu du souverain. Malgré les résistances de l'Assemblée des Trois Etats et du Conseil des Commis, qui demandent constamment aux ducs de Savoie (qui deviennent entre temps Rois de Sardaigne) la confirmation des anciennes franchises, le particularisme administratif valdôtain s'étiole. La situation est âprement dénoncée par Jean-Baptiste De Tiller, secrétaire des Etats du Duché d'Aoste, dans son Recueil historique et géographique sur la Vallée d'Aoste, plus connus sous le nom d'Historique de la Vallée d'Aoste (1737). Ce texte représente une véritable " pierre angulaire de l'historiographie et de la pensée valdôtaine " : ce n'est pas un hasard si le procureur général de l'état sarde invite expressément le comte de Saint-Laurent, premier secrétaire d'état, à faire promptement rechercher et retirer l'ouvrage de la circulation, déclarant qu'il contient " diverse cose le quali dovrebbero rimanere sepolte ". Les réformes du XVIIIe siècle marquent la fin des libertés valdôtaines. En 1770 le Roi Charles-Emmanuel III abolit toutes les anciennes institutions de la Vallée d'Aoste. En 1773 un " règlement particulier pour le duché d'Aoste ", promulgué par son successeur Victor-Amédée III, rétablit certaines compétences du Conseil des Commis, mais l'ancien régime d'autonomie est désormais aboli. L'assemblé des Trois Etats ne sera jamais plus convoquée et le Conseil des Commis, de plus en plus réduit en nombre, n'aura dorénavant qu'une fonction essentiellement de consultation. Cette glorieuse institution valdôtaine qui administra la Vallée pendant plus de deux siècles s'éteindra pour ainsi dire " de mort naturelle ", en 1859, avec le décès de ses deux derniers membres : l'avocat Louis Christillin et l'évêque André Jourdain.
 
Traduction : plusieurs choses qui devraient être tenues cachées
 
Web Design DIGIVAL